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Dictionnaire fauquemberguois

De Falkenberg à Fauquembergues

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Queulain Anatole (nécrologie et documents)

Le 21 septembre 1934, à cinq heures du soir, aux premières vêpres de Notre Dame de Boulogne, Monsieur le chanoine Anatole Queulain, doyen de Fauquembergues, rendait sa belle âme à Dieu. Nous sommes certains que la sainte vierge ne laissera pas gémir longtemps dans le purgatoire son dévot serviteur ; mais comme les secrets de la justice divine sont pour nous insondables, nous demandons à tous ceux qui l’ont connu et surtout à tous ceux qui ont bénéficié de ses exemples, de sa charité et de son zèle apostolique, de continuer de prier pour lui, afin qu’il aille sans retard occuper au ciel la belle place qui lui est réservée.

C’est Havrincourt qui eut l’honneur de lui donner le jour : c’est au petit Séminaire d’Arras qu’il fit ses études secondaires. Le futur lévite y fut un brillant ; il reçut une excellente formation littéraire et scientifique, ce qui lui valut d’être désigné pour l’enseignement et d’y fournir une longue carrière. Les anciens élèves du petit séminaire d’Arras, de Marcq- en- Baroeul, de Notre Dame de Boulogne ont gardé du bon et savant M. Quenlain un souvenir ineffaçable. On voit, lorsqu’on  rencontre par hasard l’un d’entr ’eux, que s’il a cultivé avec soin leur esprit, il a pénétré jusqu’au fond de leur cœur. Il ne s’est d’ailleurs pas contenté de les conduire au succès aux examens ; il a mis aussi tous ses soins à former leurs âmes, à en faire de bons chrétiens, à les préparer à devenir de bons pères de famille et des citoyens d’élite. A Boulogne en particulier, les pères jésuites l’ont tellement apprécié qu’ils ont consenti à partager avec lui la charge de père spirituel de leurs élèves, et la confiance des jeunes gens envers leur professeur était si grande que cette part devint presqu ’excessive

Cette paternité spirituelle préparait M. Queulain à devenir un excellent curé. C’est à Angres qu’il débuta dans le ministère paroissial à l’âge de 40 ans. On ne le vit pas remuer la paroisse par des fêtes splendides, par des manifestations extérieures à grand bruit, car il a toujours eu peu d’estime pour le « cymbalum tinnien ».mais il serait injuste de ne pas apprécier le travail en profondeur, le travail intérieur qu’il n’a cessé de poursuivre jusqu’à sa mort. Ramener au bercail les brebis égarées, les maintenir dans leurs obligations envers Dieu, développer la fréquentations des sacrements, augmenter la fréquentation des sacrements de pénitence et de l’Eucharistie, chercher des adhérents pour les associations pieuses qui font prier et communier, tels étaient les objets de ses préoccupations et de ses travaux continuels à Fauquembergues comme à Angres et on peut dire que, s’il n’a pas toujours obtenu tout ce qu’il désirait, il est arrivé à des résultats fort consolants pour une âme sacerdotale.

A Fauquembergues, il n’était pas seulement curé ; il était aussi doyen. Ce titre ne l’éblouissait pas, car il ne recherchait en aucune façon les honneurs et les hommages.

C’est en souriant qu’il racontait comme il était devenu. « Si je suis venu ici, disait-il c’est que le poste a été refusé par… » et il citait un nombre de refus qui était respectable. Ce doyen qui n’exagérait pas son importance ou, si l’on veut, qui ne l’appréciait pas assez , fut sous bien des aspects un excellent doyen ; il ne s’imposait pas mais sa bonté et ses hautes qualités lui attiraient le respect de tous et son influence sur ses curés était grande. Si une question était discutée, il laissait parler ; il ne faisait pas prévaloir son opinion par un « ego dominus sum  » mais quand doucement il donnait ses raisons comme n'importe quel autre l’eût fait, il y avait tant de lumière apportée que c’était une exception, si on ne devenait pas de son avis.

Malgré son peu d’inclination pour les manifestations extérieures, il les laissait cependant s’exécuter, se contentant d’y apporter un concours discret, et il se réjouissait, s’il avait pu constater un résultat heureux pour le bien des âmes. Peut-être aurait-il pu y mettre plus d’initiative ! Mais c’était contraire à son tempérament qui n’ attachait de véritable prix qu’aux choses purement spirituelles.

M. Queulain était aussi resté un homme d’étude ; qui n’a pas vu sur son bureau son microscope, le beau, celui qui lui a été volé ; ensuite un bien plus modeste ? Ami parmi les sciences naturelles, il a exploré la flore de tous les environs ; il se tenait au courant de toutes les questions ; il était très versé en histoire ; le passé chez lui éclairait le présent ; il a lu un grand nombre de livres anciens et nouveaux que sa modeste bourse acquérait ou qui le plus souvent lui étaient prêtés. Dans les conférences, il s’imposait pas à tous un travail, il faisait toujours le sien, bien qu’il en fût exempt.

Son savoir a profité à beaucoup de jeunes gens, à Fauquembergues et des environs, auxquels volontiers s’il donnait des leçons. Ses élèves préférés étaient les futurs séminaristes, ceux qui étaient destinés au Grand Séminaire d’Arras, ceux aussi qui deviendraient bientôt des missionnaires des pays lointains.

Ce croquis est trop bref pour que je m’étende davantage sur les mérites de M. Queulain. Je dirai seulement en finissant que M. le Doyen de Fauquembergues avait su conquérir l’estime et l’affection de tous ses paroissiens, même de ceux qui sont les moins religieux. C’est qu’il était si bon, si serviable, si charitable ! On l’avait toujours à sa disposition ; dès   heures du matin, il était à l’église ; chaque personne éprouvée le voyait apparaître ;toutes les infortunes étaient autant que possible par lui secourues. C’est pourquoi pendant toute l’année de sa maladie, on demandait de tous côtés : Comment va-t-il ! Va-t-il guérir ?

Et quand il est mort, ce fut un regret universel. On l’a bien vu à ses  funérailles. On oublia ce jour là que l’on allait conduire à sa dernière demeure un homme qui n’avait jamais cherché la gloire, qui avait en certaine circonstances accepté les humiliations, qui les avait même recherchées, car il était tertiaire de Saint- François d’Assise, dont l’ « Ama nesciri et pro nihilo reputari  » était la devise. On voulait lui rendre un hommage solennel.

Les éloges adressés au défunt du haut de la chaire par Monseigneur l’Archiprêtre au nom de Monseigneur l’Évêque et  au sien, furent unanimement approuvés par l’assistance qui en fut profondément émue. Les discours de MM. les Maires de Fauquembergues et de Saint- Martin ont été les dernières manifestations oratoires des regrets unanimes de la population en deuil qui, par la bouchede ses représentants satisfait ainsi au désir d’exprimer ses sentiments de re connaissance pour le regretté défunt.

8 Visites pastorales (Abbé Queulain, 1919-1934 ). Analyses

-1919

* 543 pascalisants en 1917, 1918, nombre de réfugiés (18600 communications). Adoration annuelle assez bien suivie.

* 30 pensionnaires au pensionnat.

* Salle paroissiale détruite par les alliés.

-1922

Diminution de la fréquentation aux offices paroissiaux depuis la guerre.

Catéchisme des petits : assez bien ; persévérance : médiocre. on prépare les enfants à la communion quand on les a.

* 524 pascalisants en 1919, 516 en 1920, 495 en 1921, dont 42 hommes.

* 17000 communions en 1919, 15600 en 1920, 11400 en 1921.

·                    Visible diminution. les enfants ne viennent plus en été, à cause de l’avance de l’heure.

·                    Pas de mésintelligence avec les autorités.

·                    Dernière mission en 1912.

·                    Confréries de la Doctrine Chrétienne, des Mères Chrétiennes, des Tertiaires de Saint-françois. En décroissance du moins pour les tertiaires .

·                    Les soldats ne désirent pas qu’on s’occupe d’eux avant leur départ.

·                    Pas de conférences agricoles. Il n’est guère possible de former un syndicat agricole à cause des commerçants catholiques.

·                    Une association de combattants plutôt politique.

·                    Journaux : La croix de Boulogne, 75 ; le télé gramme ; 100 ; Petit Parisien, pas beaucoup ; l’œuvre, Journal du Peuple, pas beaucoup.

·                    1924

·                    20 à 80 messalisants, 40 à 50 messalisantes.

·                    Les enfants sont catéchisés très tôt, mais ne fréquentent plus après la première communion. Les plus de sept ans ne se confessent aux Quatre-temps que quand on peut les avoir.

·                    680 pascalisants, 14000 communions.

·                    Les écoles sont tenues passablement.

·                    Au pensionnat, 17 pensionnaires, 25 externes.

·                    Confrérie des Mères chrétiennes, non fervente.

·                    Ligue de femmes chrétiennes.

·                    Les rapports ne sont pas parfaits avec l’autorité municipale.

·                    2100 Fr de denier du culte.

·                    1930

·                    Je m’efforce d’arriver à ce que tous préparent leur communion, avant les communions solennelles.

·                    On, ne réussit pas à avoir les enfants après leur communion ; pas de catéchisme de persévérance.

·                    430 à 440 pascalisants ; 10500 communions

·                    Il est possible que les livres, dans l’enseignement public, soient neutres, mais que dire de l’enseignement !

·                    40 élèves au pensionnat.

·                    Confréries : Mères chrétiennes, tertiaires catéchistes, passablement ferventes.

·                    On a essayé une ligue de femmes chrétiennes, sans succès.

·                    Point de syndicat agricoles, à cause de marchands de grains.

·                    Denier du culte : 3500 Fr

·                    1934

·                    70 messalisants, 70 messalisantes.

·                    Catéchisme fréquenté durant 4 ou 5 ans. On a préparé les communions privées, mai assez peu pour les garçons. On ne réussit pas à avoir les enfants pour la confession. Une communion mensuelle pour ceux qui préparent (manque page 9 )

·                    13 La seule manifestation religieuse importante de l’Entre-deux-guerres ,

·                    Le congrès Eucharistique de 1939. (semaine Religieuse 19/6/1939 )

·                    Fauquembergues – Le Congrès Eucharistique

·                    Le XVII e Congrès Eucharistique de l’Archiprêtré de Saint-omer s’est clôturé le 18 juin à Fauquembergues, en véritable apothéose. Ce fut à plus de 3.000 fidèles, rassemblés sur la Grand-Place, que MGR Dutoit, venu présider cette dernière journée, donna sa bénédiction.

·                    Les paroissiens de Fauquembergues s’étaient trouvés très nombreux à la messe de minuit, où le chiffre des communions fut impressionnant .

·                    A 10 heures 30, les fidèles se pressaient excessivement nombreux dans l’église pour entendre la grand-messe solennelle, chantée par M. L’abbé Nicolas, aumônier du pensionnat de Dohem.

·                    Au cours de l’ office, un très beau sermon fut prononcé par M. Le Chanoine Delattre, directeur du Congrès.

·                    Au début de l’après-midi, deux séances d’études, l’une pour les Dames, l’autre pour les hommes, furent tenues au Pensionnat Notre-Dame du Bon Conseil.

·                    Enfin, vers 17 heures, à l’issue des vêpres solennelles, se déroula la grande procession du Saint Sacrement, qui comportait d’innombrables groupes d’enfants costumés, de jeunes gens et de jeunes filles, de Dames et d’Hommes précédés de leurs drapeaux, fanions ou bannières.

·                    Cet immense cortège se développa à travers les principales artères de la cité pendant plus d’une heure. Bien entendu, les rues avaient été, pour la circonstance, fort brillamment décolorées. Ce n’étaient que guirlandes multicolores, fleurs éclatantes et plantes vertes, oriflammes et drapeaux, arcs de triomphe aux inscriptions particulièrement symboliques.

·                    Suivant un nombreux clergé, MGR Dutoit portait le Saint Sacrement, sous un dais brodé d’or, et fermait a marche du cortège.

·                    Sur la place, un reposoir gigantesque et magnifique avait été dressé qu’animaient quelques douzaines d’anges aux ailes d’une blancheur éclatante.

·                    Devant la foule rassemblée, M. le Chanoine Lesenne, supérieur de l’Institution Saint- Bertuphe, à Fruges, prononça un sermon de circonstance.

·                    Après avoir évoqué de façon saisissante la Passion du Christ, le prédicateur exalta l’hommage inviolable de fidélité rendu à Notre- Seigneur par ce Congrès Eucharistique.

-                     «  caché dans la petite hostie, dit-il, aux prises avec l’indifférence – qui lui est plus sensible encore que les souffrances de la Passion- Le Maître n’attend que notre amour.

-                     « Il nous faut l’aimer dans la prière, dans l’accomplissement fidèle de sa loi, dans la souffrance – car le sacrifice est le thermomètre de l’Amour – Enfin, dans l’action catholique, si merveilleusement développée dans le diocèse d’Arras r » .

-                     A l’issue de la bénédiction du Saint Sacrement, MGR Dutoit prononça l’allocution finale.

-                     Il dit sa vive satisfaction de voir ce congrès Eucharistique se terminer de manière aussi triomphale ; Il en remercia tout particulièrement le doyen de Fauquembergues, dont il se plut à louer le zèle inlassable, «  capable de remuer les cœurs et d’atteindre un succès qui dépasse toutes espérances  »

-                     Le prélat adressa encore ses félicitations et ses remerciements aux paroissiens de Fauquembergues, au clergé de l’Archiprêtré de Saint-Omer et «  à tous ceux qui ont travaillé à la gloire du Christ  ».

-                     Après avoir, lui aussi souligné l’importance primordiale de l’action catholique, MGR Dutoit conclut en souhaitant que « chaque année soit désormais marquée par l’emprise de ce congrès  »

-                     14 Le Congrès marial de 1948 (Informations religieuses 17/7/1948

Congrès Marial de Fauquembergues

Du 1er au 4 juillet 1948 eut lieu à Fauquembergues le Congrès Marial de L’Archiprêtré de Saint-Omer.

Les enfants affluèrent nombreux le premier jour, joyeux et disciplinés à la fois, pour acclamer Notre Dame et écouter attentivement la voix si chaude et si prenante du Directeur du Congrès.

Durant ces journées, Monsieur le Chanoine Vitel exposa, aux petits et grands, la situation très critique causée par le dépeuplement de nos séminaires, ses causes, et la nécessité urgente de redonner aux enfants de France la véritable vie divine, d’encourager et de protéger les vocations sacerdotales et religieuses.

Les rapports présentés étudiaient le rôle des parents et des jeunes gens et jeunes filles devant cet appel de Dieu.

Le Dimanche  4 juillet, la petite ville de Fauquembergues prit une allure de fête, malgré le temps gris et pluvieux.

La Messe, chantée par la Chorale paroissiale, fut célébrée par Monsieur le Doyen de Fauquembergues, assisté du groupe imposant des enfants de Chœurs admirablement dirigé par Monsieur l’Aumônier de l’Orphelinat de Dohem.

Puis ce fut, l’après-midi, sous un ciel toujours boudeur, je défilé des chars artistiquement décorés évoquant les principales scènes mariales présentées suivant les tableaux célèbres de la peinture religieuse. Le Couronnement de la Vierge, d’après le Tryptique du Xv e siècle était, à lui seul, une magnifique réalisation.

Après la bénédiction du Saint Sacrement, les congressistes, réunis autour de la petite église, entendirent une dernière fois Monsieur le Chanoine Vitel dans une éloquente allocution.

Monsieur l’Archiprêtre de Saint-Omer et Monsieur le Doyen de Fauquembergues adressèrent à tous leurs remerciements.

Les fervents de Notre-Dame regagnèrent leur ville ou leur village, emportant le doux sourire de la Vierge Reine du Clergé, Mère du Christ et Mère de tous les hommes.