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De Falkenberg à Fauquembergues
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Jonnart Célestin
De
1881 à 1885, il occupe diverses fonctions dans les cabinets ministériels,
avant de se lancer dans l'arène politique. En 1885, il se présente aux élections
législatives sur la liste républicaine, mais est battu. L'année suivante, il
succède à son père comme conseiller général du
canton de Fauquembergues, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort. Il prépare
ainsi la conquête républicaine de l'Audomarois rural, qu'il réalise en
devenant député de la 2ème circonscription de Saint-Omer, contre
le bonapartiste Levert, le 22 septembre 1889. Jusqu'en 1910, il est réélu
avec de confortables majorités, même lors des élections de combat de 1902 et
1906. En 1914, il est élu sénateur du Pas-de-Calais. Il devient rapidement un membre éminent de la Chambre de députés, remarqué par ses compétences. C'est ainsi qu'il est ministre des Travaux Publics dans le ministère Casimir Périer qu'il contribue cependant à faire tomber le 30 mai 1894 par son hostilité à la grève et au droit syndical des fonctionnaires. Waldeck-Rousseau lui confie le 3 octobre 1900 la charge de gouverneur général de l'Algérie qu'il tient jusqu'en 1911. Il est un partisan de l'assimilation, développe les oeuvres d'assistance et d'enseignement, tout en prenant les mesures militaires pour défendre la frontière marocaine. Il démissionne de ce poste en 1911, hostile à la politique étrangère de Caillaux. Ensuite, il est ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Briand de janvier à mars 1913. En 1914, il préside l'importante commission sénatoriale des Affaires étrangères et en 1917 il est le "Haut-commissaire des puissances protectrices de la Grèce" qui contraint le roi de ce pays à l'abdication. Début 1918, il est chargé par Clémenceau, en retrouvant son poste de gouverneur, de lever des troupes fraîches et de la main d'œuvre en Algérie. En 1919, il est président de la Commission des réparations, puis remplit, de mai 1921 à novembre 1923, le rôle délicat d'ambassadeur auprès du Saint-Siège, dans le but de conduire la politique d'apaisement religieux préconisée par la Chambre bleu-horizon. L'itinéraire
politique de Célestin Jonnart est tout à fait classique. Dans la tradition des
opportunistes des années quatre-vingts, il est tout d'abord l'adversaire résolu
des bonapartistes et son action vise à asseoir la République dans les régions
rurales du département du Pas-de-Calais. Le modérantisme qu'il professe dès
le temps du Ralliement le porte à se satisfaire du centrisme "ni réaction
ni révolution" qui est dominant au temps de Méline.
Il privilégie encore dans les convulsions du début du siècle la défense et
la concentration républicaines. Une fois passé l'épisode de la Séparation,
le glissement vers le centre droit s'opère en douceur. Il est accompli après
la Grande Guerre quand Jonnart préside aux destinées d'une Fédération républicaine,
bien installée à droite de l'échiquier politique.. Cette
envergure nationale explique l'influence prépondérante qu'il exerce dans le département
du Pas-de-Calais. Son autorité est indiscutée au Conseil général qu'il préside
d'ailleurs de 1903 à sa mort. Il a
été particulièrement actif pour la défense des réfugiés de son département
durant la Grande guerre et s'est attaché au vaste problème de la
Reconstruction. Jonnart est élu en 1923 à l'Académie française, quelques années avant sa mort qui survient en 1927. RL |
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