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De Falkenberg à Fauquembergues
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Deleloë
Jeanne (1604-1660)
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On
ne sait guère que le modeste bourg de Fauquembergues a vu naître Jeanne
Deleloë , sainte et mystique du XVIIe siècle, époque
où s’épanouit la Réforme catholique. |
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Fauquembergues
est alors d’Artois, cette terre de grand débat, à la limite de la frontière
avec le Boulonnais, qui est du royaume de France. Le bourg n’a guère été
épargné par la fureur des guerres. Néanmoins, en 1604, lorsque naît
Jeanne Deleloë, fille de Laurent et de Martine Lemaire, l’Artois jouit
des bienfaits de la paix : on en est au début de l’heureux temps des
archiducs. L’équipement spirituel du bourg se trouve bientôt renforcé, en 1612, de
la présence d’un petit couvent de bénédictines appelé « Beethléem » |
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C’est
dans ce couvent que Jeanne est éduquée. Elle s’adonne volontiers aux
saints sacrements, répugnant aux plaisirs des filles de son âge. A seize
ans, elle entre chez les Bénédictines et reçoit
l’habit monastique, de la main de Claude Dormy, évêque de
Boulogne, avec grand contentement, expliquera-t-elle plus tard dans
son autobiographie. Elle prend, au terme de son noviciat le nom de
Saint-Matthieu. Elle est sous-prière en 1630. |
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En
1635 éclate la guerre entre la France et l’Espagne. Fauquembergues craint
les incursions ennemies. Onze bénédictines quittent alors la localité,
sur l’instigation de l’abbé de Saint-Bertin et se réfugient dans une
maison qu’il leur a concédée, à Poperinghe, en un lieu moins exposé.
C’est là qu’en 1637, la prieure de Fauquembergues meurt et Jeanne
assure sa succession. Les conditions de vie sont précaires et elle peine à
assumer sa tâche. Ce n’est qu’en 1644 que les religieuses pourront acquérir
une maison plus confortable. |
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Le
6 janvier 1643, Jeanne Deleloë rencontre dom Martin Gouffart, chargé de
conduire la réforme de Lorraine à Saint-Bertin, tâche dans laquelle il échouera,
en grande partie à cause des circonstances de l’époque. Ce dernier
deviendra abbé de Saint-Denis-en-Broqueroie, dans le Hainaut. De cette
rencontre, allait naître une correspondance, dans laquelle la mère supérieure
se confie sans réserve à ce nouveau directeur de conscience. Elle attend
de lui qu’il la conduise vers la perfection, l’excellence spirituelle.
Ainsi transcrit-elle les relations de son âme avec Jésus-Christ, « le
bien-aimé Epoux, le Cœur aimable du divin Epoux. S’y trouvent aussi
relatées les difficulté spirituelles qu’elle éprouve, sa crainte
parfois de ne pouvoir bien se comporter. Jeanne y raconte aussi les moments
sublimes où, transcendée, elle s’unit à Dieu ou connaît dans sa plénitude
la Sainte Trinité. Elle s’y révèle mystique, perpétuellement inquiète,
dans toute sa simplicité qui n’exigeait pas son obédience à une
quelconque école de spiritualité. L’observance stricte des règles bénédictines
lui suffisait. Signe des temps, Jeanne manifeste aussi son grand
attachement au Sacré Cœur de Jésus, source de toute pureté et sainteté,
dévotion très actuelle en ce siècle de Marguerite-Marie Alacoque. Ses
relations avec dom Gouffart ne cesseront guère et elle ira même le visiter
dans son abbaye de Saint-Denys le 8 juin 1654.. |
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La
fin de la vie de Jeanne Deleloë est mal connue. Une de sœurs du couvent
qui fut sa biographe évoque son abnégation, sa ferveur mystique, la
terrible maladie qu’elle acceptera comme toutes les épreuves subies au
cours de son existence, maladie qui devait l’emporter le 13 avril de
l’an 1660, en odeur de sainteté. |
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Sources :
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Destrée
Bruno, Une mystique inconnue du
XVIIe siècle, la mère Jeanne de Mathieu Deleloë, 1904.
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"La
mère Jeanne Deleloe, Vie, correspondance et communications
spirituelles", [Introduction
Sodart
(Dom)], Maredsous,
Coll. Pax, 1924). |
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